coaching de vie

Saviez-vous que la colère n’était pas une émotion ?

Une cliente me raconte une scène à laquelle elle a assisté au travail :
 
— Un manager « R » entre dans le bureau d’une collaboratrice « J » et jette sur sa table un dossier en criant « C’est ni fait, ni à faire ce projet, il manque la moitié des informations financières ! »
— La collaboratrice J tente d’expliquer pourquoi certains éléments n’ont pas pu être transmis.
— R lui coupe la parole, hausse le ton : « C’est à chaque fois la même chose, je ne peux rien te confier, il faut toujours repasser derrière ». Il devient rouge, tourne en rond dans le bureau en faisant des grands gestes et continue à asséner des critiques cinglantes.
— J ne parvient plus à reprendre ses explications et devant la violence des propos, elle fond en larmes.
— R s’exclame : « Ah non, tu ne vas pas te mettre à pleurer. Tu es au travail là et tu ne vas pas nous envahir avec tes émotions ! »
 
Ma cliente décide d’intervenir en rentrant dans le bureau et dit :
— « Mais enfin R, c’est toi qui ne maîtrise pas tes émotions et qui hurle depuis un quart d’heure ! ».
— R se retourne et lui répond « je ne vois pas le rapport ! »
 
👉 Ma conclusion de l’histoire : la colère n’est pas une émotion !
 
Toute similitude avec des situations vécues est fortuite 😏.

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Quadrant d’Ofman

Le Quadrant d’Ofman, vous connaissez ? Un tour de quadrant permet d’éclairer nos agacements face à nos interlocuteurs, de valoriser nos qualités et de tempérer nos attitudes excessives.

Créé en 1992 par Daniel Ofman, expert Hollandais en développement des organisations, le Quadrant offre une approche simple et puissante pour mieux se connaître.

Un exemple en partant de la case ALLERGIE :
— L’indécision de mon collègue m’agace terriblement. Chaque fois que nous travaillons ensemble, je dois trancher sur tout : les informations à collecter, les interlocuteurs à solliciter, le document à réaliser…. Son indécision devient mon ALLERGIE. Je le note dans la case en bas à gauche du quadrant.
— Je cherche l’opposé positif de cette indécision, qui est pour moi la détermination. Ce sera ma QUALITÉ que j’inscris en haut à gauche du quadrant.
— L’excès de cette qualité, l’obstination, devient un PIÈGE. En situation de stress, par exemple, je deviens obstinée.
— J’inscris ensuite l’opposé positif du piège, la souplesse, qui vient contrebalancer mon obstination. C’est le CHALLENGE. Un brin de souplesse équilibrerait mon obstination !

Et la boucle est bouclée :
— Ma QUALITÉ première est la détermination.
— En période de stress, je peux me braquer et devenir obstinée = LE PIÈGE.
— Je peux réguler mon obstination avec un peu de souplesse = LE CHALLENGE.
— Mon ALLERGIE à l’indécision de ma collègue me renvoie à mon manque de souplesse.

Les gens qui nous agacent portent le germe de ce dont nous avons le plus besoin !

La quadrant d’Ofman permet de :
 
👉 Mieux comprendre la part d’ombre de nos qualités.
👉 Amener un éclairage sur une incompatibilité d’humeur, voire un conflit.
👉 De réguler notre fonctionnement intrinsèque : en apprenant à combiner notre qualité et notre challenge, nous réduisons notre piège et notre allergie.
 
J’aime utiliser le quadrant d’Ofman en coaching car il permet des prises de conscience rapide et de l’autonomie dans la régulation.
 
Je vous invite à tester à partir du schéma ci-dessus.
Vous pouvez choisir votre entrée en commençant par la case qualité, ou avec une allergie… ou votre « trop ».

À vos quadrants !

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Trop perfectionniste, et alors !

perfectionniste

Oui, j’ai souvent entendu cette remarque à mon égard : « tu es trop perfectionniste ! ». Je la reçois mi-figue mi-raisin. Est-ce un reproche, un signe d’agacement ou d’admiration ? Qu‘est-ce qui se cache sous l’expression « tu es trop perfectionniste ! » ? Passons en revue quelques caractéristiques du perfectionniste. Et regardons comment transformer le perfectionnisme parfois handicapant en une ressource précieuse et productive.

Trop perfectionniste pour agir

Certains messages nous ont été répétés très jeunes : « Recommence tant que ça n’est pas impeccable » ou « 18/20 ? Il y a eu des 20/20 ? » et finissent par piloter nos comportements d’adultes. On appelle cela des « drivers », des injonctions intériorisées qui nous conduisent inconsciemment. Nous vivons avec cette petite voix intérieure qui répète « sois parfait·e » et qui souvent nous bloque pour agir. Ça vous parle ?

Être trop perfectionniste conduit à attendre le moment parfait pour passer à l’action afin de s’assurer d’un résultat parfait. En ce sens, le perfectionnisme peut être un frein à l’action. Mieux vaut ne rien tenter de peur de ne pas atteindre le résultat fixé. Mieux vaut ne pas se lancer tant que chaque étape du processus n’est pas sous contrôle.

Le perfectionniste projette un résultat parfait à la hauteur de ce qu’il pense devoir atteindre. Par exemple, dans le cadre de l’évolution ou de la reconversion professionnelle, des clients perfectionnistes me disent : « je ne peux pas changer car je n’ai pas toutes les compétences pour ce nouveau travail » ou « ça n’est pas LE moment de changer ». Pour le perfectionniste, si toutes les conditions ne sont pas réunies, les zones d’incertitudes sont des dangers potentiels à éviter !

En fait, le moment idéal pour changer de travail ou le job parfait n’existe pas ; nous construisons nos opportunités dans une réalité imparfaite. Être trop perfectionniste entrave la capacité à se lancer, à créer ses propres occasions. L’objectif d’atteinte du résultat bloque les phases d’expérimentation et d’apprentissage nécessaires à l’existence du projet. Dans la période d’incertitude actuelle, le perfectionniste est mis à rude épreuve et la tentation est grande de se figer dans un contexte où le contrôle échappe.

Quand une personne raconte son parcours de reconversion professionnelle, elle dit les petits pas, les tentatives, les ratages, les avancées et les surprises. Elle parle des chemins de traverse et des découvertes en cours de route. La vie est plus passionnante qu’un parcours tracé et maîtrisé dès le départ !

Le perfectionniste prend des risques sans le savoir…

1. Le risque de l’auto-dévaluation

La tendance du perfectionniste à se mettre la barre très très haut alimente les probabilités d’échecs. Le livre antidote des perfectionnistes est Les vertus de l’échec de Charles Pépin, Allary Éditions 2017, qui aborde à partir d’exemples historiques et actuels la spécificité de l’humain à apprendre de ses erreurs pour avancer. L’échec est la rencontre avec le réel et donne une chance de se réinventer. Il rappelle que « rater » n’est pas « être un raté » mais « gagner en expérience ».

2. Le risque de perdre de vue l’objectif

Il arrive aussi que le perfectionniste se perde dans les détails, ait du mal à distinguer les priorités et prenne du retard. La préparation assidue et l’anticipation de chaque étape entachent le plaisir de l’instant présent.

Une cliente perfectionniste qui adorait cuisiner me racontait que quand elle invitait des amis, la peur de ne pas réaliser le diner parfait prenait le dessus sur le plaisir de préparer le repas. Obnubilée par le résultat, et elle en oubliait le plaisir de cuisiner jusqu’à ne plus lancer d’invitation. Ayant pris conscience de ce frein au cours des séances de coaching, elle s’est mise au défi de préparer le dîner le plus simple et délicieux qu’elle puisse imaginer. Le repas fut réussi et la soirée détendue. Elle s’est promis de proposer une formule auberge espagnole la prochaine fois ! Elle a réussi à déplacer son obsession de perfection du repas vers le plaisir de cuisiner et le choix de passer un bon moment avec ses amis.

3. Le risque d’épuisement

Trop perfectionniste 2

À être trop perfectionniste, nous courrons vers un but difficile à atteindre, si ce n’est au prix de l’épuisement. Une image m’est venue lors d’une séance avec une cliente qui me parlait de son perfectionnisme excessif ; l’image du lièvre qu’on fait courir le long des pistes de courses de lévriers pour les entrainer à aller toujours plus vite ; le lapin est un leurre que jamais les chiens ne rattraperont. Quelle pression les perfectionnistes se mettent sur les épaules et que d’insatisfaction engrangée !

4. Le risque d’isolement

Le perfectionniste a tendance aussi à s’isoler et à ne pas déléguer de crainte que les résultats ne soient pas à la hauteur de ses attentes. Cette attitude peut être un obstacle dans la relation à l’autre dont il supporte mal les imperfections, allant même jusqu’à l’équation ce qui n’est pas parfait n’est pas valable. L’autre n’est pas capable de faire les choses aussi bien que moi, et encore moins de m’aider. À l’autocritique, s’ajoute le jugement sur les autres. Dans le cadre du travail, ce comportement de perfectionniste à tout crin peut créer des tensions avec les collègues qui se sentent jugés. Un supérieur hiérarchique perfectionniste risque lui d’exclure des collaborateurs de son champ de vision.

Dans un groupe de codéveloppement que j’animais, un participant nous ayant confié combien il était perfectionniste, a témoigné en fin de session : « Dans les échanges, je me suis rendu compte que les autres avaient les mêmes problèmes que moi et qu’ils les résolvaient autrement. Ça m’a rassuré et donné des idées alors que j’étais sûr que personne ne pouvait m’aider et qu’il n’y avait que moi capable de résoudre ce problème « à la perfection ».

On n’est jamais trop perfectionniste

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La perfection est un oiseau en cage qu’il est bon de laisser s’envoler vers l’excellence !

Mon message pour toi, ami perfectionniste : sois perfectionniste au bon moment, de la bonne façon, avec la bonne intensité, pour de bonnes raisons et avec les bonnes personnes.

Et pour t’y aider, voilà quelques pistes pour s’alléger et faire briller les facettes du perfectionniste :

1. Inscrire ses objectifs dans la réalité

Certains profils ont plus tendance à être plus perfectionniste que d’autres. Par exemple, pour une personne haut potentiel ou zèbre, la perfection c’est la norme ! Il lui est difficile de bouger son curseur tant qu’il n’a pas réalisé que ses objectifs sont d’emblée hors normes. Cette prise de conscience est une étape nécessaire pour les perfectionnistes ; elle permet de se reconnecter à la réalité souvent plus atteignable qu’on ne se l’imagine.

  • Viser l’excellence, plutôt que la perfection.
  • Vérifier auprès des demandeurs les éléments de réponse attendus – délai, type de documents. Il est important de confronter sa norme à celle des autres. On est souvent surpris et cela permet d’ajuster son travail à la réalité d’une demande.
  • Doser ses efforts et décider où et quand être parfait. Quels sont les enjeux dans telle ou telle situation ?
  • Créer votre Produit Minimum Viable comme cela fait en entreprise pour tester une hypothèse, sans attendre de maîtriser tous les paramètres d’un projet pour vous lancer. Intéressez-vous au processus ; privilégiez la progression et les apprentissages pour un résultat encore plus riche !
2. Sortir du jugement sans fondement et oser se féliciter !

Il est important de se réapproprier ses jugements sur soi-même et d’en comprendre les mécanismes. Nul n’est plus sévère envers lui-même que le perfectionniste. Je vous invite à prendre du recul et à vérifier la véracité de ce discours en boucle « je ne vais jamais y arriver dans les délais « ou « non, je n’ai pas réussi ce travail comme je le souhaitais » :

  • Écrire les faits pour faire taire la petite voix intérieure.
  • Accueillir les compliments et célébrer les réussites.
  • Se demander d’où nous vient l’injonction « sois parfait·e » et trouver une autre phrase plus constructive comme « je suis humain·e et j’ai droit à l’erreur ».
  • Se demander régulièrement « à quoi ça me sert dans cette situation d’être perfectionniste ? »
    Pourquoi ai-je ce besoin de contrôler toutes les étapes ?
3. Distinguer l’être du faire

Je ne pense pas qu’on soit TROP perfectionniste ou TROP sensible ou TROP gentil… Cela reviendrait à dire que notre être est inadapté alors qu’il ne s’agit que de comportements sur lesquels nous pouvons agir. Se dire « oui, j’ai des comportements perfectionnistes » permet de prendre du recul et de régler son curseur. Être perfectionniste à bon escient permet de soulager la pression permanente et la charge mentale.

Trop perfectionniste 6

Le perfectionniste pense qu’il est jugé sur la perfection de ce qu’il fait, là où ses proches aimeraient sa seule présence détendue et à l’écoute !

  • Cultiver d’autres aspects de soi comme la créativité, la curiosité, la bienveillance.
  • Laisser de la place aux autres et à leurs différences ; soigner la qualité des relations.
  • Accueillir l’imprévu et glisser dans sa vie de la flexibilité et de l’adaptabilité.
 
4. Prendre conscience des qualités de nos défauts et jouer avec !

Les perfectionnistes sont des pépites dans une équipe ; ils sont fiables, engagés, savent détecter les erreurs, travailler avec méthode et persévérance, soigner les finitions, éviter les improvisations hasardeuses. Ces qualités doivent être encouragées et honorées. Il est bon de les faire valoir et d’avoir le sens de la répartie quand on vous dit « tu es trop perfectionniste ! ». Oui j’ai de grandes capacités d’analyse, de prévision des risques, d’attention pointue, d’application. Ce que je fais est précis, préparé, organisé.

  • Se féliciter des facettes lumineuses du perfectionnisme et de votre contribution à la vie de l’équipe, de la famille, de l’univers.
  • Pratiquez l’auto-dérision à bon escient et avec bienveillance.
  • Tester de petites doses d’imperfection quotidiennes et observer ce qui arrive ! Vérifier si le monde s’écroule.
  • Développer vos capacités d’humour et de non-jugement. Transformer la critique en curiosité envers les autres.

Et vous, quels comportements perfectionnistes identifiez-vous dans votre vie ? Quelles astuces trouvez-vous pour arrondir les angles de votre exigence excessive ?

Le coaching permet d’identifier les vulnérabilités du perfectionnisme et de les transformer en atouts précieux. Si vous souhaitez aborder ce sujet contactez-moi et parlons-en.

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